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msafi ri 177 désastreuses qui avaient sérieusement écorné la réputation américaine sur le plan moral, il offrait à l'Amérique une occasion irrésistible de se racheter ; sa victoire serait la raison pour laquelle beaucoup de gens pourraient à nouveau la respecter et l'admirer. À Berlin, en Allemagne, Obama attira une foule de presque 200 000 personnes, ce qui confi rme que l'Obamania était bien un phénomène mondial. Tandis qu'approchait le 4 novembre 2008 – jour des élections – le monde entier retint son souffl e. Les Américains éliraient- ils Barack Obama ? Eh bien, oui, ils le fi rent ! Et sa victoire entraîna des célébrations tapageuses partout dans le monde. Des gens de toute race, de toute religion et de tout âge versèrent des larmes et poussèrent des cris de joie à l'annonce de sa victoire. Dans la ville d'Obama au Japon comme dans les capitales fi nancières européennes, et jusque dans les petits villages au fi n fond de l'Afrique, son succès historique annonçait l'arrivée d'une nouvelle ère, non seulement pour l'Amérique mais pour l'ensemble du monde. En Afrique, où beaucoup de gens se sentent une grande affi nité avec lui et le considèrent comme un des leurs, on aurait pu facilement penser qu'Obama avait été élu président de l'Afrique. « J'ai été heureuse de voir Obama gagner. Il est jeune, beau, enthousiaste et plein d'idées. C'est bien de voir enfi n quelqu'un avec qui l'homme de la rue peut s'identifi er, » dit ILLUSTRATION ANDRÉ CARRILHO

BALLOONING msafiri 178 spÉcial obama mark dadswell/ GETTY IMAGES Blessing Obasohan, expert- comptable de 24 ans basée à Lagos. Nana Awere Damoah, écrivain ghanéen, dit qu'Obama a montré au monde l'importance de sortir des sentiers battus si on veut viser haut et réaliser ses ambitions. Un enfant du Kenya Mais c'est au Kenya, pays natal de son père, que cette fierté se ressentit plus que partout ailleurs. Obama était déjà considéré comme un héros au Kenya depuis qu'il était devenu sénateur en 2004, ce qui avait créé un sentiment de fierté nationale malgré le fait qu'il était citoyen américain et n'avait visité le pays que trois fois. Une bière locale, Senator, fut nommée ainsi en son honneur. Durant la longue campagne, les Kenyans s'étaient tenus au courant de l'actualité, s'étaient levés tôt pour regarder les débats, et s'étaient informés par la lecture sur les problèmes débattus et le complexe système électoral américain. Une plaisanterie populaire au Kenya à ce moment- là était la réponse d'un comédien américain célèbre lorsqu'on lui avait demandé qui gagnerait la course : « Ce mec vient du Kenya. Vous avez déjà réussi à gagner une course contre un Kenyan ? » Peu après l'aube le 5 novembre 2008, de mélodieux hurlements se firent entendre et des inconnus s'embrassèrent tandis que les Kenyans apprenaient à leur réveil que leur fils allait devenir le « Président Obama » . À Nvangoma Kogelo, petit village très calme situé dans l'ouest du Kenya, où le père d'Obama était né et avait été élevé, les habitants se sentent un réel lien de parenté avec lui. Beaucoup d'entre eux avaient suivi de près les élections et avaient veillé pour regarder les résultats sur un grand écran de télévision installé au dispensaire local. Lorsque la nouvelle se répandit qu'un des leurs, Kogeloan comme eux, était parvenu à la Maison- Blanche, on se mit à célébrer partout. Une foule de villageois en liesse se dirigèrent vers la maison de sa grand- mère pour féliciter la famille. Sarah Obama, très alerte pour ses 86 ans, sortit de la maison en courant, chantant et dansant. Sa jubilation se lisait sur son visage ridé et elle pensait déjà sans aucun doute au jour où elle pourrait féliciter son petit- fils personnellement et lui préparer son plat favori de chapatis! « J'ai été transportée de joie – il n'y a pas d'autre façon de décrire ce que j'ai ressenti. Je me demandais sans cesse si je ne rêvais pas – mais non, on est deux jours plus tard et c'est toujours réel ! » dit Mary Muange, jeune mère de famille kenyane. « Quand on considère les origines de ce mec, on se dit que c'est possible de réussir même quand on a tout contre soi. C'est merveilleux ! Les obstacles qu'il a dû surmonter dans sa vie rendent son succès encore plus impressionnant. » Ce sentiment d'émerveillement et de vive émotion a été partagé par beaucoup d'autres Kenyans ; « Ça donne de l'espoir. Quand on voit les origines de ce mec, il a beau être américain, c'est un mec normal et ça donne de l'espoir, ça prouve que n'importe qui peut y arriver, » dit David Ndungu, qui travaille pour une compagnie d'informatique. Obama a rapproché les Kenyans Pour les Kenyans qui vivent en Amérique, ce fut un moment particulièrement poignant. Cliff Okoth, qui y vit depuis 13 ans, dit que cela prouve que lui- même pourrait, en se démenant, devenir quelqu'un d'important dans son pays d'adoption. « J'ai crié, je me suis époumonné, tellement j'étais content que ce soit arrivé de mon vivant. Un Américain d'origine kenyane allait devenir la personne la plus puissante du monde, » dit- il. « Pour la première fois depuis 13 ans que j'habite ici, j'ai ressenti de la fierté à être résident des États- Unis. En élisant un Noir comme président, nous avons supprimé un des plus grands obstacles qui entravaient visiblement notre vie aux États- Unis, » dit M. Okoth. Il y a une autre raison pour laquelle la victoire d'Obama a eu une signification particulière pour les Kenyans. Ce pays encore profondément divisé par les animosités ethniques qui avaient menacé de le déchirer après les élections contestées de 2007 s'est trouvé soudain uni par une passion commune. Moins d'un an après que plus de 1200 personnes aient été tuées dans la période de violence, les Kenyans, oubliant les fossés politiques et ethniques qui les divisaient, ont célébré ensemble la victoire d'Obama, ce qui semble montrer que pour les Kenyans les facteurs d'harmonie l'emportent sur les facteurs de discorde. Pour M. Okoth, qui depuis les États- Unis avait déploré le chaos qui avait affecté le Kenya, cela repésentait un événement marquant qui valait la peine d'être célébré. « Après le fiasco total des élections au Kenya il y a à peine un an, cette victoire a eu le grand mérite de rassembler les Kenyans. Pour moi, c'était très important parce que, pour la première fois depuis très longtemps, j'ai vu tous les Kenyans, de toutes les conditions sociales, célébrer la victoire politique d'une seule et même personne, malgré leurs différences ethniques, » dit- il. Il est facile de voir pourquoi la victoire d'Obama, et son message d'unité, sont une source d'inspiration pour beaucoup au Kenya. Le type de changement qu'Obama représente est exactement celui auquel les Kenyans aspirent. Une source d'inspiration Le Kenya a beaucoup de leçons à tirer de la victoire d'Obama. La plus importante est peut-être le fait que ce pays doit se débarrasser de l'esprit de clocher et des divisions ethniques qui ont étouffé sa croissance. « Cela offre de l'espoir aux jeunes. C'est fantastique, un président des États- Unis qui n'a que 47 ans. Ici c'est rare – on n'a pas l'habitude, à part quelques exceptions. Mais ça montre qu'il y a de l'espoir pour les jeunes aussi, » remarque M. Ndungu. John Kiarie, jeune politique qui a tenté sa chance, mais sans succès, aux dernières élections législatives, dit que la victoire d'Obama prouve qu'en matière de politique, le Kenya a besoin d'un changement radical. « Personnellement, je pense que sa victoire nous a montré qu'une personne est capable, à elle seule, de captiver l'imagination du monde entier et de lui montrer que ce que beaucoup considèrent impossible est, en fait, réalisable. Sa campagne a souligné l'importance du rôle joué par chaque électeur, » dit KJ, comme on l'appelle familièrement ici. « Obama est parti de rien et a révolutionné la façon dont on peut financer une campagne par la collecte de fonds. Il suffirait d'expliquer au plus grand nombre possible de jeunes que c'est réalisable, et alors ils comprendraient que ce n'est pas du tout impossible, comme la campagne d'Obama l'a prouvé, » dit le jeune politique, qui a l'intention de se représenter aux élections en 2012. Barack à Michelle Le reste du monde nous considérera d'une façon différente. Et je pense que pour des millions de gamins ici en Amérique l'image qu'ils auront d'eux- mêmes ne sera plus la même